Les invisibles est une composition construite à partir de sons vocaux et instrumentaux qui façonnent un paysage sonore en relation avec le texte. Plutôt que d’illustrer ou de « mettre en musique » le texte de manière traditionnelle, je traite la parole comme une source sonore, la compréhensibilité du texte restant secondaire.
L’œuvre intègre des enregistrements de vingt-cinq gestes mélodiques courts et de cinq séquences prolongées, ainsi qu’une polyphonie vocale à quatre voix superposées, basée sur le texte Es wird später de Karl Lubomirski. Ces enregistrements, réalisés en studio par Donatienne Michel-Dansac (soprano), Catherine Bowie (flûte), Antoine Ladrette (violoncelle) et Jean Geoffroy (percussions), subissent un traitement approfondi. Grâce à la synthèse granulaire et à un contrôle précis des paramètres clés du son — tels que la taille des grains, la transposition, le délai, la vitesse et la spatialisation — le matériau enregistré se transforme en couches denses et texturées.
La structure formelle de la pièce est régie par le chiffre cinq : elle se compose de cinq sections principales, chacune subdivisée en cinq sous-sections. De même, son cadre harmonique repose sur cinq accords, chacun constitué de cinq notes.